Bienvenue chez mi'zen en Compagnie d'Elsa Deman 🎶
- Nesan et vous

- 8 mai
- 52 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
LES INTERVIEWS PAR ELSA DEMAN
Les interviews d’Elsa Deman est un blog de rencontres et de découvertes, en lien avec Radio mi’zen et l’actualité de l’association mizen de NCie. Il donne la parole à celles et ceux qui créent, s’engagent et font vivre le territoire.
On y retrouve des auteurs et artistes, comme Benoît Fourchard ou Denis-Christian Gérard, qui partagent leurs univers, leur rapport à l’écriture, au théâtre, à la lecture et à la création. Le blog aborde aussi la culture accessible, notamment à travers les livres tactiles, le braille, les ateliers d’écriture et les rencontres littéraires.
Les interviews mettent également en lumière des acteurs associatifs et citoyens pour : la défense des droits, la lutte contre les discriminations, l'inclusion, les handicaps, l'habitat inclusif, l'accompagnement des projets et initiatives locales. Elles permettent de mieux connaître les personnes, les structures et les ressources qui agissent au quotidien.
Enfin, ce blog est un espace pour suivre les projets, ateliers, partenariats et actualités de mizen de NCie, dans une logique de partage, de coopération et d’ouverture.
Les prochaines interviews accueilleront de nouvelles voix : artistes, auteurs, comédiens, bénévoles, professionnels, associations et porteurs de projets qui souhaitent raconter leur engagement et contribuer à faire vivre un territoire plus inclusif.
Vous avez un parcours, une initiative, une création ou une expérience de territoire à partager ? Les interviews d’Elsa Deman vous ouvrent leurs portes pour raconter ce qui vous anime, faire connaître vos projets et contribuer, à votre manière, à créer davantage de liens, de compréhension et d’inclusion.
Retour sur l'histoire de la création de "mi’zen de NCIe", interview de Nesan HANOGLU, réalisé le 16 janvier 2026
Comment t’es venu l’idée de mi’zen de NCIe ?
Tout est parti d’un constat simple, partagé entre nous : toi Elsa, Virginie, Lally, Agnès, Christophe, quelques membres de notre association Les Réverbères et moi.
Dans les domaines de la santé mentale, du bien-être relationnel et éducatif, des loisirs et du sport adapté, de la culture ou encore de l’inclusion professionnelle, nous avons constaté que de nombreuses personnes et structures portent de belles intentions.
Pourtant, beaucoup d’entre elles peinent encore à trouver un cadre, un lieu ou une méthode leur permettant d’avancer tout en gardant le cap sur l’essentiel : la valorisation des ressources et des besoins de chacun. C’est dans cette perspective que nous inscrivons notre action — dans une dynamique de changement sociétal, où le territoire et ses acteurs deviennent de véritables ressources au service de la population.
Donc, le point de départ de cette aventure, c’est d’abord un désir commun de donner corps à tout ça, à travers la structuration d’une coopérative et de trouver enfin un lieu adapté pour la faire vivre.
Je cherchais déjà un local, accessible financièrement, pour y développer mes actions de conseil et de formation autour de projets inclusifs. Toi, Elsa, voulais un espace où accueillir tes clients et interviewer tes invité·es, notamment lorsque leurs locaux n’étaient pas adaptés aux personnes à mobilité réduite. Quant à Virginie, elle rêvait d’un lieu où organiser des rendez-vous de bien-être, reliant nutrition et équilibre moral, ainsi que des sensi-formations autour de la santé mentale avec l’une de ses associées.
Au fil de mes recherches, j’ai découvert le local du 232, avenue du Général Leclerc. Là, tout semblait réuni : une petite maison accueillante, un rez-de-chaussée à louer, deux panneaux d’affichage déjà installés, un cadre rassurant, et même un carré de pelouse idéal pour nos ateliers créatifs et de jardinage.
Puis nous avons rencontrées la propriétaire des lieux, de l’agence Pretoria : séduite par notre projet et touchée par notre détermination, elle a tout de suite cru en nous et soutenu notre démarche.
Ce lieu, à la fois simple et plein de potentiel, s’est alors imposé comme une évidence : le point de départ idéal pour donner corps à ce nouveau projet et lui trouver un nom.
Tout y était : la proximité, la convivialité, la sécurité, et surtout l’accessibilité ! Bien sûr, quelques ajustements restaient nécessaires pour en faire un lieu totalement accessible, mais les travaux avancent bien — et le rêve, lui, prend déjà forme. Il s’agit d’une maison construite par un père de famille — celle de la famille Marguerite — qui lui confère un charme authentique et confidentiel.
Aujourd’hui, ce lieu profite également à l’association Les Réverbères. Depuis la fermeture de la MJC Pichon, nous n’avions pas réussi à trouver un nouvel espace pour poursuivre nos ateliers de théâtre et de pratiques artistiques pluridisciplinaires.
Malgré le soutien de nos partenaires, notamment de la Ville de Nancy, aucun lieu ne répondait pleinement à nos besoins : ni en termes de ressources, ni de cadre sécurisant, ni de proximité avec nos adhérents.
mi’zen de NCie est donc devenu cette nouvelle maison d’accueil, à la fois artistique, humaine et inclusive.
Présentation de la présidente
Je m’appelle Nesan Hanoglu. Je suis consultante en pilotage de projets associatifs et formatrice sur les questions de handicap, d’inclusion, d’accessibilité et d’économie sociale et solidaire.
Mon engagement s’est construit à la rencontre de trois dimensions : une expérience personnelle de la situation de handicap, des années de pratique de terrain auprès de personnes, d’associations, d’organismes de formation, de collectivités et d’entreprises, ainsi qu’un parcours universitaire et professionnel consacré à l’éducation, à la création artistique et au développement territorial.
Je suis titulaire d’une licence en arts du spectacle, d’une licence en sciences de l’éducation et d’un Master 2 Projet et Territoires de l’Université de Lorraine. Je suis également « référente-clé handicap» des organismes de formation partenaire de mon réseau de professionnels intitulé « Nesan et Compagnie (NCie), et certifiée AAFEST. Ces qualifications soutiennent une pratique fondée à la fois sur la connaissance des cadres réglementaires — notamment en matière de handicap, d’accessibilité et de Qualiopi — et sur une lecture concrète des situations vécues, des parcours et des environnements.
Depuis une vingtaine d’années, je conçois et anime des ateliers et des formations, j’accompagne des structures dans leurs démarches d’accessibilité et d’inclusion, et je contribue à la création de projets sociaux, culturels et relevant de l’économie sociale et solidaire. Le théâtre, l’expression et la créativité occupent également une place importante dans mon parcours : ils constituent, à mes yeux, des moyens très concrets de favoriser la confiance, la participation, l’apprentissage et le pouvoir d’agir.
C’est dans le prolongement de ce cheminement que j’ai cofondé et que je préside aujourd’hui l’association mi’zen de NCIe. Cette association traduit une conviction forgée par le terrain comme par mon expérience personnelle : l’inclusion ne peut pas rester une intention ou une obligation réglementaire ; elle doit devenir une réalité relationnelle, accessible et praticable dans la vie quotidienne.
Avec mi’zen de NCIe, nous souhaitons créer des passerelles entre les personnes, les initiatives citoyennes, les professionnels et les ressources du territoire, afin que chacun puisse trouver ou retrouver une place active dans la société.
Pour quelles raisons ?
Pour plein de raisons.. Mais nous pouvons prendre pour ce jour, quatre raisons très concrètes :
1. Éviter l’isolement de personnes ou porteurs de projets qui font face à des fragilités (handicap, surcharge, parcours de vie, etc.) ;
2. Proposer une médiation (humaine et cognitive) qui aide à se remettre en mouvement ;
3. Construire un modèle viable, avec une économie réaliste : on ne “sur-promet” pas, on expérimente, on ajuste.
4. Et, celui du besoin d’un espace où l’on puisse prendre le temps de se poser, de clarifier ses idées, d’expérimenter, et d’avancer pas à pas — ensemble. Une réponse pragmatique, humaine et profondément ancrée dans le réel.
Pourquoi ce nom, d’où vient-il ?
Nous avons laissé voguer notre imagination pour voir jusqu’où ce projet pouvait résonner en nous.
Chacun y allait de sa vision : Virginie disait : « Je vois une voile, quelque chose de rond ». Moi, j’imaginais une envie de voyage, une transition, un mouvement qui pousse à avancer. Lally, de son côté, aimait les fleurs ; elle voulait en voir une quelque part, comme un symbole de douceur et de croissance. Toi, tu souhaitais quelque chose de doux, d’apaisant. Et puis, il y avait les couleurs : Virginie voyait du bleu, toi et moi, nous pensions au rouge, symbole de vitalité et d’ancrage.
Au fil de ces échanges, nos idées ont commencé à prendre forme. Pendant que nous projetions nos envies, nous avons aussi cherché un nom… et c’est là que nous sommes tombés sur le mot « misaine » – cette petite voile à l’avant d’un bateau.
L’image du voilier nous a tout de suite parlé : le voyage, la direction, le souffle. Et puis, cette consonance douce de “mi’zen” — comme à moitié zen, ou comme une note musicale qui donne le ton — sonnait juste.
“mi’zen” est alors apparu comme une évidence : un mot qui nous rassemble, entre mouvement, équilibre et envie de respirer autrement.
“mi’zen”, c’est l’idée d’une mise en ordre douce : retrouver de l’équilibre, de la clarté, du souffle. Ce nom incarne notre intention commune : créer un lieu vivant, bienveillant, où chacun avance à son rythme dans une dynamique collective de conscience, de lien et de bien-être.
Quant à “NCie”, c’est un clin d’œil à “Nesan et Compagnie” — un projet déjà tourné vers la coopération, la facilitation et la mise en proximité des ressources et des personnes. Derrière cette marque, créée en 2020, se trouve mon envie de l’inscrire dans le temps une démarche inclusive et collaborative, tout en valorisant celles et ceux — professionnelles, amies, partenaires — qui ont tracé leur propre voie, souvent en ouvrant la route. Ces “briseuses de plafond de verre”, j’ai eu la chance de les rencontrer tout au long de ma vie. Et parmi elles, toi, et les membres fondateurs qui ont rendu cette aventure possible.
Associer mi’zen à NCie, c’est donc la suite naturelle de cette vision : un pont entre nos valeurs fondatrices et les bénéficiaires de notre future Nouvelle Coopérative Inclusive et Engageante.
Car avec mi’zen de NCIe, notre ambition est claire : accompagner, relier, et rendre possible — tout en douceur, sans bruit, sans injonction… mais avec conviction, avec humanité, et un vrai sens du collectif.
L’association vient d’être créée… quelle est sa date de création ?
Oui, l’association est toute jeune : elle a été créée récemment (conception le 27/05/25 ; déclaration préfectorale le 26 juin 2025). Et ce qui est parlant, c’est surtout le démarrage, depuis l’ouverture au public de son local, le 5 octobre 2025 : 11 adhérents en moins d’un mois, ce qui nous confirme qu’il y avait une attente.
Peux-tu expliquer le projet social et les objectifs… ?
Le projet social, c’est : rendre accessible un espace ressource, au croisement de l’inclusion, de la créativité, de l’accompagnement de projets et, de la santé mentale au sens large (prévention, soutien au bien-être et préservation à son équilibre).
Et concrètement cela se traduit comment ?
Concrètement, voilà ce que nous faisons :
Nous accueillons les besoins, les envies et les projets des personnes sans les enfermer dans une étiquette, un diagnostic ou une catégorie. Nous proposons des temps de respiration, d’écoute, de rencontre, des ateliers, des formations et des accompagnements structurés qui permettent de reprendre appui, de développer des compétences, de créer, d’expérimenter et de retrouver confiance dans sa capacité à agir. Nous favorisons ainsi les occasions de faire ensemble, de transmettre, de valoriser les savoirs et les expériences de chacun, tout en facilitant, lorsque cela est pertinent, le lien avec les professionnels, partenaires et ressources du territoire.
Notre démarche défend une inclusion engageante et réciproque. Dans le cadre associatif régi par la loi du 1er juillet 1901, chaque projet porté par une personne, un adhérent, un bénévole ou un partenaire peut trouver sa place, dès lors que son porteur ou sa porteuse souhaite également contribuer à une dynamique collective. Lorsque cela est souhaité, nous pouvons accompagner les personnes à identifier les manières dont elles peuvent prendre part à cette dynamique, selon leurs envies, leurs possibilités et leur propre rythme.
Il ne s’agit pas d’opposer l’aspiration personnelle au bien commun, mais de faire du projet individuel un point d’appui pour renouer des liens : avec les autres membres de l’association, avec le territoire, avec des réseaux, des activités et, plus largement, avec la société. Ainsi, un projet personnel peut devenir un moyen concret de participation et d’inclusion, dès lors que sa porteuse ou son porteur accepte d’entrer dans cette dynamique de coopération, d’échange et de réciprocité.
Enfin, nous veillons à renforcer l’autonomie, le pouvoir d’agir et la confiance, sans imposer un rythme, un modèle de réussite ou un parcours préétabli. Nous développons une économie prudente, transparente et solidaire, au service des personnes, de la continuité du projet associatif et de la future coopérative.
En revanche, ce que nous ne faisons et sommes pas :
Nous accueillons les projets personnels lorsqu’ils peuvent également nourrir une dynamique collective. Cela suppose une relation de confiance, le partage des informations utiles à la coopération et une attention réelle aux effets du projet sur les autres, sur l’association et sur le territoire. Nous ne soutenons pas les démarches qui utiliseraient l’association comme un simple levier d’intérêt individuel, ni les projets incompatibles avec nos valeurs d’inclusion, de laïcité, de respect, et de participation démocratique.
Nous ne sommes ni un lieu de soin, ni un dispositif psycho-médico-social, ni un espace de promesses thérapeutiques ou ésotériques. Nous ne décidons pas à la place des personnes et ne cherchons pas « à les normaliser ».
L’identification des besoins, des difficultés rencontrées et des conditions nécessaires à une participation effective relève d’une démarche partagée. Nous pouvons proposer des ajustements relationnels, matériels, pédagogiques ou organisationnels — notamment en matière de rythme, de temporalité, d’accessibilité ou de formation — lorsque les besoins peuvent être exprimés, ou au moins travaillés ensemble dans une relation de confiance. Nous respectons le droit de chacun à préserver sa vie privée et à ne pas divulguer un diagnostic ; toutefois, l’absence d’éléments utiles peut limiter notre capacité à comprendre certaines situations et à mettre en place des réponses adaptées.
Nous ne faisons pas “pour” elles ce qui peut être construit “avec” elles.
Nous n’entretenons aucune relation de dépendance et ne prétendons pas répondre seuls à toutes les situations : lorsque cela est nécessaire, nous orientons vers les professionnels et services compétents. Enfin, nous refusons toute forme de discrimination, d’emprise, de violence ou d’exploitation de la vulnérabilité.
Comment fonctionne l’association ?
Chez mi’zen de NCie, tout est pensé pour être simple et agréable ! Un appel, un dépôt de demande dans sa boite au lettre sur simple feuille, un mail ou une visite sur notre site Internet suffit pour découvrir toutes nos activités.
En quelques clics, vous pouvez réserver, adhérer ou choisir vos créneaux pour nos ateliers réguliers, nos permanences ou encore fixer un rendez-vous pour toute nouvelle demande.
Flexibilité, sécurité et accueil bienveillant sont au cœur de notre fonctionnement. Pour celles et ceux qui préfèrent le contact direct, nos permanences au local de l’association ont lieu (sauf en cas d’intempéries) : une semaine sur deux, les lundis et mardis après-midi, de 14h30 à 17h. Et pour rester informé en mode « hors connexion internet » à tout moment, un grand panneau d’affichage devant notre local présente nos actualités, les nouveautés et toutes les démarches pour nous rejoindre.
Déjà forte de trois événements gratuits de présentation, notre association a conquis petits et grands grâce à des moments conviviaux et des animations variées. Aujourd’hui, cinq ateliers phares rythment nos temps de retrouvailles avec nos adhérents, de préférence sur réservation :
• Jeux de société, un lundi sur deux,
• Corps et sens, un mercredi sur deux,
• Les Pliages enchantés et Lire et Délire, une fois par mois,
• Les ateliers de théâtre et de pratiques artistiques pluridisciplinaires de l’association Les Réverbères, le samedi après-midi.
• Enfin, la mise en place d’un « temps d’espace de rencontre projet » a permis par exemple, à notre adhérente, Monique Braconnot d’accueillir et de rassembler ses futures membres fondatrices autour de la création de leur projet associatif. Ce projet vise à développer un habitat inclusif pour des personnes en situation de handicap mental, avec un accompagnement spécifique, centré sur l’accès à des loisirs véritablement inclusifs. Aujourd’hui, cette belle initiative a vu le jour sous le nom d’IncluVie — un projet porteur de sens, de lien et d’autonomie.
Et ce n’est qu’un début ! Dès janvier 2026, de nouvelles propositions viendront enrichir notre programme : accompagnement personnalisé autour de vos projets privés ou professionnels, ateliers d’écriture créative, médiation culturelle, artistique et bien-être, sans oublier nos formations et groupes de parole pour les échanges de pratiques.
Alors, rejoignez-nous et venez découvrir un espace vivant où curiosité, partage et plaisir d’apprendre se rencontrent.
Peux-tu expliquer la démarche… ?
La réponse est simple : chez mi’zen de NCIe, nous avons fait le choix d’un lieu à taille humaine, unique en son genre. C’est ce cadre intime qui nous permet de favoriser une double proximité : d’abord géographique, puis humaine, grâce à un accompagnement plus personnalisé, centré sur la mise en place de projets individuels.
Concrètement, nous avons mis en place une formule qui marche très bien : confidentialité + rendez-vous. Les adhérents peuvent choisir les dates où ils viennent, et de notre côté, on mobilise un atelier ou un intervenant uniquement s’il y a des inscrits. Résultat : tout le monde y gagne — les participants, les intervenants, et l’association. Et ça nous permet de tester, activité par activité, ce qui a vraiment du sens et ce qui tient économiquement.
Bien sûr, en tant qu’association, nous respectons les obligations administratives nécessaires pour garantir la sécurité et la protection de chacun. Mais le lieu, lui, a été pensé comme une extension d’un “chez-soi”, un espace chaleureux où l’on peut venir créer, réfléchir, se recentrer.
En somme, mi’zen de NCIe est avant tout un tiers-lieu vivant, où ce que vous ne pouvez pas faire chez vous, vous pouvez le faire ici — en toute simplicité, dans le confort, la confidentialité, et avec le respect total de la propriété intellectuelle de vos projets.
Qui sont les collaborateurs de mi'zen de NCIe ?
Aujourd’hui, je suis entourée d’un noyau de personnes engagées qui font avancer la machine : gestion, logistique, accueil, structuration, relais terrain… L’idée, c’est un collectif où chacun a une place claire. Et on reste ouverts : on préfère grandir bien, plutôt que grandir vite.
Comment devenir collaborateur ou partenaire ?
Le plus simple : nous contacter, expliquer ce que vous avez envie d’apporter, et on échange rapidement. Ensuite, on propose une forme d’entrée adaptée : soit rejoindre l’équipe de fonctionnement, soit devenir partenaire sur une action, soit intervenir ponctuellement.
Différence entre collaborateur et partenaire ?
De façon pragmatique, avec une petite nuance utile : “collaborateur” n’est pas une catégorie juridique classique en association (on parle plutôt de membres, bénévoles, intervenants, prestataires).
• Collaborateur (au sens d’usage, chez nous), c’est une personne impliquée dans le fonctionnement, plutôt régulière, souvent issue du noyau (membres fondateurs / membres actifs), avec une responsabilité dans la continuité.
• Partenaire peut être soit une structure, soit un.e professionnel.le associé.e à une action, un projet, une ressource, parfois ponctuelle, parfois durable, mais sans être dans le pilotage quotidien.
Quelles activités… pour entreprises/associations/particuliers ?
D’abord, notre démarche c’est (rappelons-le ) :
• Accueillir tous besoins des personnes, sans les enfermer dans une étiquette ;
• Proposer des temps de respiration, des relais avec des professionnels aux compétences complémentaires, des formations, des ateliers et accompagnements structurés qui redonnent des prises de confiance, de compétences, et de lien ;
• Et développer une économie prudente et honnête, qui protège les personnes autant que le projet de notre future coopérative.
De ce fait, nous proposons deux grandes portes d’entrée.
- Pour les particuliers :
Des ateliers réguliers autour de la créativité, de la médiation ou du mieux-être, mais aussi des accompagnements personnalisés et un espace conseil, accessibles sur rendez-vous, dans un cadre confidentiel et bienveillant.
- Pour les structures (associations, entreprises, collectivités, organisations) :
Des actions de sensibilisation, des ateliers thématiques, ainsi que des dispositifs de formation et d’ingénierie autour de l’inclusion, du handicap et de la structuration de projets inclusifs. Nous favorisons également des espaces de rencontre et de co-construction de projets, notamment dans le champ de l’économie sociale et solidaire (ESS) et du handicap.
Et ce qui est important : Nous avançons par étapes. Les trois ateliers existants sont déjà stabilisés, et les prochains démarrent avec une logique de calendrier choisissable pour les adhérents, ce qui garantit un vrai taux de présence.
Comment et par quels moyens contacter l’association ?
Le plus simple, c’est de nous envoyer un petit mail ou de nous appeler pour prendre rendez-vous. Et on aime bien proposer un premier échange court, parce que ça permet d’orienter rapidement vers la bonne porte d’entrée : atelier, rendez-vous confidentiel, ou partenariat.
Quels sont les besoins de l’association pour le moment ?
Nos besoins actuels sont très concrets :
1. Consolider la fréquentation des ateliers récemment lancés, afin de renforcer leur ancrage et leur visibilité.
2. Renforcer nos ressources humaines et partenariales : soutiens, relais et compétences, pour éviter que la charge repose sur un petit nombre de personnes.
3. Sécuriser notre équilibre économique, dans une phase de démarrage à la fois réaliste, parfois « tendue », mais pleinement maîtrisée.
Comment aider l’association ?
On peut aider de trois façons simples :
- venir et participer (c’est déjà un soutien) ;
- relayer autour de soi l’existence de notre nouvelle association (publics, structures, réseaux) ;
- ou contribuer comme collaborateur (fonctionnement) ou partenaire (action, compétence, soutien matériel/financier).
Vois-tu quelque chose à rajouter ?
Oui : mi’zen de NCIe, c’est volontairement une aventure sans poudre aux yeux. On privilégie un cadre qui protège les personnes, qui respecte le rythme, et qui ne gaspille ni énergie ni moyens. Et le fait qu’on ait déjà 11 adhérents en moins d’un mois confirme qu’il y avait une place à prendre : un lieu où l’on peut venir tel qu’on est, et s’orienter avec une direction.
Interview de Benoit FOURCHARD le 2 février 2026
RETROUVAILLES AVEC BENOIT POUR UNE NOUVELLE ÉCRITE EN BRAILLE
Elsa : bonjour Benoit, je me permets de te tutoyer car nous connaissons depuis un moment déjà. Peux-tu te présenter en quelques lignes s'il te plaît ?
Benoit Fourchard : je m'appelle Benoit Fourchard, je suis un auteur de romans ,de nouvelles, de théâtre, de romans jeunesses, également metteur en scène et partenaire de la compagnie théâtral : les fruits du hasard, fondée par Coco Bernardis. J'ai aussi travaillé avec d'autres compagnies de théâtre, désormais, je me consacre plus à l'écriture. Je suis aussi intervenu au sein d’ateliers d’écriture à la fac, notamment pour donner des cours d'écriture de scénarios ou d’écriture théâtrale par exemple…
Si je ne me trompe pas, tu es plutôt un écrivain jeunesse ?
BF : non, j'écris aussi pour les grands. J'ai écrit pas mal de nouvelles et quelques roman pour adultes.
Elsa : j'ai découvert un de tes livres jeunesse : « le chapeau de TETRAGONIE » quand je suis venu te saluer lors d’une édition du Livre Sur La Place.
BF : oui, c'est mon premier livre pour la jeunesse. J'en ai écrit trois autres depuis.
Elsa : combien as-tu de livres, de nouvelles ou de roman publiés à ton actif ?
BF : c'est toujours la question que me pose les étudiants et les lycéens, je dirais une petite vingtaine, car j'ai aussi écrit des pièces de théâtre et des pièces de théâtre pour le jeune public, des nouvelles… En tout, je dirais une vingtaine d'ouvrages. .
Quand as-tu commencé à écrire ?
BF : par le théâtre, bien sûr, dans les années 80, j'ai fait du théâtre amateur, j'ai décidé que j'écrirais une pièce que je mettrais en scène et je jouerais.
Elsa : donc, tu as fait un one-man-show ?
BF : non, j'ai créé une vraie compagnie de théâtre. De manière à jouer une pièce que j'avais écrite, ça a commencé, comme ça dans les années 80, donc il y a environ 40 ans. Puis, j'ai écrit pour de multiples compagnies de théâtre.
Elsa : donc tu as commencé par de l'écriture en plateau ?
BF: non pas vraiment, j'écrivais d'abord une première version, celle-ci était jouée par les comédiens en plateau avec des modifications, je modifiais donc l'écriture de la pièce en fonction du jeu des comédiens. J'ai aussi adapté des romans au théâtre pour d'autres compagnies. On m'avait passé des commandes. Je pars du roman , je le réécris pour le théâtre. C'est un autre exercice. J'ai commencé par écrire beaucoup de pièces de théâtre pour différentes compagnies , j'ai adapté différents romans sous forme de pièces de théâtre ,en fonction de la demande des compagnie. Cela m'a donné envie de découvrir d'autres genres littéraires. À partir des années 2003-2004, j'ai beaucoup moins écrit pour le théâtre et je me suis consacré à d'autres genres, comme l'écriture de nouvelles ou de roman par exemple. J'ai aussi écrit des pièces pour le jeune public.
[1] voir la bibliographie de Benoit Fourchard.
[2] écriture entre plateau : écriture à partir de l'improvisation, théâtrale des comédiens.
As-tu un genre littéraire préféré lorsque tu écris?
BF : non, pas particulièrement, cela vient selon mes envies et mes idées. J'aime beaucoup écrire des nouvelles … car, une nouvelle est texte court, donc, en quelques jours tu as la structure, l'intrigue et la psychologie des personnages. Mais j'écris aussi des romans.
Pour en revenir à ceux qui nous intéresse...
Elsa : pour en revenir à ceux qui nous intéresse, plus particulièrement la nouvelle en braille : « le funambule du haut dul », est-ce que cela a été une demande particulière de la médiathèque du haut du lièvre ou bien une demande des participants à l'atelier d'écriture ?
BF : oui, c'était une demande de la médiathèque pour l'atelier d'écriture. Mais nous travaillions déjà depuis longtemps avec la médiathèque du haut du lièvre, depuis 2018. En 2018, nous avions déjà mis en place une résidence d'auteur avec la médiathèque, nous avions écrit un roman.
Durant cet été 2018, plein de choses avaient été mise en place par la médiathèque..
Durant cet été 2018, plein de choses avaient été mise en place par la médiathèque : des ateliers bandes dessinées par exemple. Enfin plein de choses, avec une restitution de tous les textes qui avaient été écrit au sein de la Manufacture de Nancy d'ailleurs. Tous les étés au sein de la médiathèque du haut du lièvre, il y avait, il y a encore des lectures musicales à chaque fois, nous participions à cet évènement. Et puis, la directrice de la médiathèque du haut lièvre , souhaitais marquer le fait qu'une nouvelle médiathèque va être construite sur le haut du lièvre. Cette médiathèque va être construite prochainement à côté de la MJC . Donc ils vont construire une grande médiathèque , un espace de plus de 1 000 carrés. Donc, pour la pose de la première pierre, il fallait qu’une histoire concernant le transfert de la médiathèque soit écrite. C'est pour cela que la directrice de la médiathèque m'a demandé d'intervenir dans le cadre d'un atelier d'écriture collectif.
Elsa : je comprends mieux cette histoire, d'emménagement et de déménagement, et de « que viennent-ils faire ici, ils ne sont pas comme nous » au sein de la nouvelle.
--
[3] résidence d'auteurs portée par la compagnie, « les fruits du hasard », résidence, « vu d'en haut », de mai 2018 à janvier 2019. Avec la création de bande dessinée, de nouvelles et de différents écrits.
[4] manufacture de Nancy : lieu de spectacle théâtrale et de création artistique à Nancy. En plus de cette salle de spectacle, il existe la bibliothèque de Nancy, nommée la manufacture. Dont nous parlons dans cet article, c'est une grande médiathèque située rue baron Louis à Nancy.
[5] les lectures musicale sont toujours proposées par la compagnie : « les fruits du hasard », en novembre, dans le cadre du festival, « 1200 signes ».
[1] MJC : maison des jeunes et de la culture.
Il fallait une histoire qui relie les deux immeubles: le bâtiment du cèdre bleu et celui du tilleul argenté.
BF : il fallait une histoire qui relie les deux immeubles: le bâtiment du cèdre bleu et celui du tilleul argenté. Il y avait déjà eu dans les années 80 ou 90, un funambules acrobates qui a relié les deux immeubles sur un fil comme dans l'histoire. Donc nous sommes partis de cette histoire.
Elsa : vraiment ?
Oui, l'histoire est vraie !
BF : oui, l'histoire est vraie. Le reportage se trouve sur YouTube. Je pense que l'histoire et le reportage date des années 80. Lorsque nous avons créé l'histoire au sein des ateliers d'écriture, un participant, nous a dit qu'il y avait déjà eu une histoire comme celle-là. Il nous l'a raconté, nous avons trouvé l'histoire superbe et nous l'avons intégrée à notre histoire au sein de l'atelier d'écriture. Lorsque je dis « on », c'est vraiment qu'il s'agit d'un travail d'écriture collective avec le groupe, . Ils étaient une dizaine. Donc l'histoire s'est construit en quatre après-midi au mois de juillet. J'ai amené certains éléments. Une personne noter les idées des différentes participants.
Donc, j'ai repris les idées de tous les participants et j'ai retravaillé les écrits.
Donc, j'ai repris les idées de tous les participants et j'ai retravaillé les écrits.
Elsa : donc, si je comprends bien, tu as pris les idées de tous les participants durant ces quatre après-midi, mais tu as retravaillé celles–ci pour en faire la nouvelle.
BF : oui, en plus c'était intéressant ,car il y avait des stagiaires venant de l'IRTS , qui notaient tout et nous apporter un regard extérieur. Mais, j'avais quand même amené une petite structure narrative. Car pour construire une histoire, il faut tout de même une structure et certains éléments.
Elsa : oui, il faut un début, un milieu et une fin.
BF : oui, et puis un élément déclencheur. Donc il y a eu une première restitution sous forme de lecture musicale qui a été faite en présence des élus avec Coco, qui est comédienne et une musicienne avec laquelle nous travaillons beaucoup. Il me semble que celle-ci s'est déroulée le 3 octobre, en extérieur sur le site de la future médiathèque,… Il y avait peut-être une centaine de personnes.
---
[7] IRTS : institut régional du travail social.
Y a-t-il des traces vidéo de cette première restitution ?
Elsa : y a-t-il des traces vidéo de cette première restitution ?
BF : je ne crois pas, peut-être que quelqu'un a filmé, en tout cas pas nous. À partir de là, une fois que le livre a été écrit en partenariat avec la médiathèque du haut du lièvre et de la manufacture, car toutes les médiathèque du Grand Nancy travaillent ensemble. Il a été décidé d'en faire un livre-objet.
Une fois que le livre a été écrit.. les doigts rêvent
À partir de là, une fois que le livre a été écrit en partenariat avec la médiathèque du haut du lièvre et de la manufacture, car toutes les médiathèque du Grand Nancy travaillent ensemble. Il a été décidé d'en faire un livre-objet.
Elsa : c'est-à-dire un livre braille ?
BF : un livre en braille, mais pas seulement, un livre-objet. C'est un livre tactile que l'on peut toucher. Fabriquer un livre.–objet, c'était inscrit dans le projet de la médiathèque de la manufacture. Elle a fait appel à une maison d’ édition lyonnaise : les doigts qui rêvent, spécialisée dans la fabrication de livre–objet. Du coup tu vois, cela faisait partie du projet global, l'atelier d'écriture, la restitution et la création du livre–objet.
Elsa :mais du coup, comment et pourquoi un livre en braille ?
BF : alors cela fait partie d'un projet qu'ils ont à la médiathèque de la manufacture, je ne sais plus exactement le nom du projet, mais un projet tourné vers le public empêché , cela fait partie du projet, mais il y a plein d'action à l'intérieur de ce projet.
Elsa : j'avais une question pourquoi un livre en braille pourquoi pas un livre audio ?
BF : je crois qu'ils avaient aussi le projet d'un livre audio. La bibliothèque de la manufacture de Nancy a travaillé avec cette maison d'édition pour la fabrication de ce livre-objet, il y avait vraiment quelque chose autour du touché.
Est-ce qu'un livre en braille ne permet pas à une personne malvoyante ou aveugle, d’être plus actrice de l'histoire ?
Elsa : c'est une question que je me suis posée en préparant l’entretien; est-ce qu'un livre en braille ne permet pas à une personne malvoyante ou aveugle, d’être plus actrice de l'histoire ?
BF : tu as peut-être raison. Pour la fabrication du livre en braille, je ne peux pas t'en dire plus, je n'ai pas suivi le processus… Mais je sais par exemple que l’éditrice des doigts qui rêvent ,la maison d'édition qui a édité le livre-objet est venue en septembre /octobre faire des ateliers pour créer des objets par rapport à l'histoire. C'est pour cela qu'il existe uniquement un exemplaire à la médiathèque du haut du lièvre.
Elsa : oui, c'est un autre rapport à la lecture, notamment, pour les personnes empêché qui ont des difficultés de lecture.
BF : oui, mais pas seulement, c'est aussi un formidable outil de lecture familial, parents/enfants ou pour les jeunes lecteurs débutants. Après, pour les explications de la fabrication de certains objets, c'est du texte. La nouvelle est tout de même longue . À certains endroits, notamment pour la fabrication de certains objets, il n'y a que du texte car on ne pouvait pas tout illustrer…
Elsa : oui, c'est vrai que pour des enfants ou des lecteurs débutant, une nouvelle de six pages, cela peut être long.
BF : oui, dans le projet, nous avons souhaité que celui-ci soit accessible et ouvert au plus grand nombre. Pour des lecteurs jeunes, mais aussi pour leurs parents.
Elsa : en quelque sorte, vous avez souhaité un livre familial pouvant être lu par des enfants, mais aussi raconter aux enfants par leurs parents , en faisant sortir les personnages du livre.
BF : oui, d'autant plus que certains objets peuvent se détacher du livre pour en sortir, c'est le cas par exemple des deux enfants ,qui représentent les personnages principaux. On peut sortir les figurines des enfants du livre.
Comment est venu l'idée du capybara[1] ?
Elsa : comment est venu l'idée du capybara ?
BF : l'idée est venue d'un participant à l'atelier.
Elsa : combien y a-t-il d'heures de travail sur cette nouvelle ?
BF : environ neuf ou dix heures d'écriture collective durant l'atelier d'écriture, 20 heures de travail d'écriture pour moi et quelques petites retouches demandées par l'éditrice. Car il fallait que cette nouvelle puisse être lue par d'autres personne, pas uniquement les habitants du haut du lièvre. Donc il y avait quelques petites choses à préciser. Elle voulait par exemple qu'il y ait la sensation de son, j'ai rajouté les bruits de la camionnette et la tempête. Sans compter le travail préparatoire à l'atelier d'écriture ,pour faire germer l'étincelle d'imagination dans la tête des participants. Pour ma part, je propose des bouts de papier concernant les évènements ou des personnages. En mettant bout à bout des choses qui n'iraient pas forcément ensemble, cela fait germer une étincelle d'imagination. L'histoire de la montgolfière par exemple, provient d'un souvenir de la première résidence d’été, pour commencer celle-ci, une vraie montgolfière s'était posée sur le plateau. Une participante venue au premier atelier en 2018, se souvenant de cette montgolfière, du coup, nous l'avons intégrée à l’histoire.
----
[1] capybara : énorme rongeur, inoffensif, tout mignon, vivant dans la savane. Il est capable de manger ses crottes. Il pèse entre 35 kg et 66 kg.
Merci tout plein, vois-tu quelque chose à rajouter ?
Elsa : merci tout plein, vois-tu quelque chose à rajouter ?
BF : non, je crois que j'en ai dit pas mal, j'en ai même peut-être un peu trop dit.
Elsa : dans ce cas, nous avons terminé. Merci Benoit, pour le temps que tu m'as accordé.
Rencontre avec Denis-Christian GERARD, le 21 février 2026, dans le cadre d'un atelier lire et dé lire
Pour cet atelier sont présents, trois adhérentes de mi'zen de NCIe : M. V. C.P. et V. C.; Elsa DEMAN, co-fondatrice de mi'zen de NCIe et co-animatrice avec Christophe Maillot co-animateur de l'atelier "lire et dé lire" , et adhérent de l'association, et bien sûr, notre invité : Denis-Christian GERARD, auteur français, de fantaisie, originaire de Nancy, ayant créé l'univers des chroniques de ROUGETERRES.
Qui parmi vous, a déjà lu ou connaît l'univers des chroniques de ROUGETERRE ?
Denis-Christian GERARD : Qui parmi vous, a déjà lu ou connaît l'univers
des chroniques de ROUGETERRE ?
M. V., Christophe et Elsa, répondent par l’affirmative.
Denis-Christian GERARD: Pour celles qui ne m'ont jamais lu, c'est un univers de fantaisie.
Savez-vous ce qu'est la fantaisie en littérature ?
V. C. : Oui, c'est du fantastique.
Denis-Christian GERARD : Oui, c'est du fantastique, généralement, cela se déroule dans un univers médiéval souvent proche de notre passé, mais mâtiné de fantastique. Il y aura souvent des chevaliers des créatures fantastiques. Chez Tolkien, ce sont des elfes, des nains ou encore des orcs pour les méchants. Que l'on retrouve dans le seigneur des anneaux.
Par exemple. Mon univers, il a cette particularité : on ne va pas retrouver toutes ces créatures, ces êtres très caractéristiques. Dans mon univers, nous sommes essentiellement dans un univers peuplé d'humains. Mais pas seulement, les créatures fantastiques se font rares, elles se cachent. Dans la forêt, au fond des eaux, quelques fois, elles essayent d'éviter les humains qui les remplacent petit à petit, mais lorsqu'elles se manifestent, cela crée toujours quelque chose d'extraordinaire, car les humains ne sont pas habitués à les côtoyer. Donc je vais vous lire un extrait du premier tome de la dernière garde.
Je vais vous lire un extrait du premier tome De la dernière garde
La dernière garde, c’est le premier roman qui a été édité, c'est souvent par celui-là, que je conseille pour commencer les chroniques de ROUGETERRE. Dans la dernière garde, on s'attache à un héros déchu, qui s’appelle Arwald.
M. V. : C'est mon personnage préféré.
Denis–Christian GERARD. : Ha ! Donc, Arwald , c'est un héros déchu, car c'était un héros adulé par le peuple, il a remporté de nombreuses batailles contre les ennemis de Rougeterre, surnommés, les Cris. Il était aussi l'ami personnel du roi, il commandait sa garde personnelle. Mais cela, c'était avant … Car au début du récit, il est en train de croupir dans les geôles de ce même roi. Visiblement, quelque chose s'est passé entre ces deux-là… mais je ne vais pas vous en dire plus. Si vous souhaitez lire le roman, vous le découvrirez lors de la lecture.
C.P : Les geôles, ce sont les prisons ?
Denis–Christian, GERARD : Oui, c'est cela, les prisons, les geôles… pourtant, le roi le fait revenir à la cour. Alors, bien sûr, cela interroge pas mal de monde. On se dit : mais pourquoi le roi le fait revenir ? Il a trahi, mais la raison de sa condamnation reste floue. Maintenant, si vous le
voulez bien, je vais vous faire la lecture du chapitre 2, dans lequel le groupe de soldats qui est venu l'extraire des geôles, s'interroge. Parmi le groupe, un vieux sergent, qui a connu le temps de la grandeur de l'ancien prisonnier, raconte à ses compagnons. »
Temps de lecture par l'auteur du chapitre 2.
Tu en as écris combien des comme ça ?
Denis–Christian GERARD : Il faut toujours que je réfléchisse : neuf tomes, le neuvième sortira en avril. Certains comme la dernière garde, ou encore Le roi des asservis, ou bien encore, les ombres oubliées sont en deux tomes. Le roi des asservis : l'histoire se déroule 100 ans avant les autres romans. Il raconte la conquête des terres, l'installation mais aussi les relations, pas toujours amicales du peuple de Rougeterrre, avec le peuple autochtone, déjà présent sur les terres. Puis nous avons la dernière garde. Cinq ans après la dernière garde, la voleuse l'œil mort, qui fait la part belle à un personnage secondaire de la dernière garde. Puis l’écorcheuse, toujours avec le même personnage. Et enfin, les ombres oubliées, également en deux tomes.
M. V. : Y aura-t-il un tome trois pour la dernière garde?
Denis–Christian GERARD : Non, pas à proprement parler, mais si vous avez aimé la dernière garde, je vous conseille les ombres oubliées, on y retrouve Valkryst durant son règne. Il lui est conseillé de se marier… Je ne vous en dis pas plus. (Discussion informelle…). Sinon, à mes heures perdues, j'ai écrit un roman jeunesse. Il s'intitule la momie d’AMMON-KIWU. Je vous en parle car il est cher à mon cœur. C'est l'histoire d'une gamine de 6ème passionnée d’égyptologie, lors d'une visite au musée, elle tombe sur la momie d'un chat. Sans le vouloir, elle va réveiller la momie du chat et tous les deux vont vivre une folle aventure… Voilà. Si vous le souhaitez, j'enchaîne sur le chapitre suivant, vous allez voir dans ce chapitre, on découvre le personnage de Félymée, guerrière, immortelle, de plus de 500 ans.
Le groupe est partant à l'unanimité. L'auteur enchaîne la lecture du chapitre 3.
Une fois la lecture terminée..
Ça vous a donné envie ?
Christophe : Ça vous a donné envie ? V. Cela t'a donné envie ?
V. C.: Non, pas plus que ça.
C.P. : Moi, j'étais à fond dedans, emporter par l’histoire.
Denis–Christian GERARD : Ce n'est pas votre genre, la fantaisie sans
doute ?
V.C.: Plus au cinéma, pas en lecture. Je n'ai pas eu l'occasion d'en lire
pour l'instant.
Denis–Christian GERARD : Si vous aimez déjà au cinéma, c'est un premier pas.
C. P. : Moi, j'ai lu : Le seigneur des anneaux puis Le Hobbit.
Denis–Christian GERARD : La référence…
C.P : Oui, la référence… mais avant l'aventure, l'histoire des rois et des reines, j'ai trouvé ça un peu chiant.
Denis–Christian GERARD : Je peux comprendre… C'est vrai, nous en avions parlé en préparant cette rencontre. Moi, j'ai adoré le seigneur des anneaux, il a changé ma vie, mais il est vrai qu'aujourd'hui, il appartient à une forme de littérature antique qui peut rebuter certains lecteurs.
Elsa : Nous avions parlé ensemble tous les trois d'une nouvelle traduction.…
Christophe : Oui, c'est vrai, j'ai adoré les films, mais je n'ai jamais réussi à lire les livres.
C.P. : Ce sont de gros pavés…
Christophe : C'est de la littérature ancienne… Il y a quelques temps, j'ai essayé de relire Cyrano que j'avais lu au lycée et adoré et j'ai eu beaucoup plus de mal qu'au lycée.
Denis–Christian GERARD : Oui, nous n'avons plus l’habitude.
Comment vous est venue l'envie d'écrire avec ces personnages-là ?
M.V. : Comment vous est venue l'envie d'écrire avec ces personnages-là ?
Denis–Christian GERARD : Je fonctionne à l'instinct. C'est-à-dire que je ne me pose pas beaucoup de questions, cela vient tout seul. Même depuis tout petit. Lorsqu'avec mes copains, nous jouions avec des Playmobils, ils me disaient : « c'est incroyable, tu nous emmènes toujours dans l'univers lointain ». Mais déjà à l'époque, j'avais envie de créer…
C.P. : D'être dans des mondes ?
Denis–Christian GERARD : Oui, c'est ça, d'inventer… Des personnages et des péripéties dans lesquelles les lancer. Cela a toujours été mon truc, alors, écrire aussi, mais je n'y croyais pas, cela me semblait une tâche insurmontable. Je pensais que ce n'était pas pour moi. Et puis un jour je me suis lancé et je n'ai pu arrêter.
Elsa : Mais adulte ou bien au lycée ? Il me semble que vous avez commencé au lycée.
Denis–Christian GERARD : Oui, j'ai commencé au lycée par l'écriture de nouvelles.
C.P. : J'aime bien, les nouvelles, je n'arrive à lire que ça…
Nous avons parlé de vos influences, des écrivains qui vous ont influencé, mais y en a-t-il d'autres ?
Christophe : Nous avons parlé de vos influences, des écrivains qui vous ont influencé, mais y en a-t-il d'autres ?
C.P. : Lewis Caroll
Denis–Christian GERARD : J'aime beaucoup, Lewis Carroll, mais je ne le classerais pas dans mes influences… Alexandre Dumas, avec les trois mousquetaires, notamment… les trois mousquetaires ont été pour moi une révélation presque autant que Tolkien… Ce que j'aime bien chez Dumas, c'est sa façon de jouer avec l’histoire.
M. V : Après, il y a eu Game of Thrones
C.P. : Il y a eu quoi ?
Elsa : Le Trône de fer en français.
Denis–Christian GERARD : Bizarrement j'ai adoré la série télévisée, mais je n'ai pas accroché avec les romans (discussion, informelle sur les adaptations, télévisées…). Dans mes influences, il y a aussi Anne RICE…
Christophe : Entretien avec un vampire.
C.P. : Oui, j'ai vu le film de Coppola ?
Denis–Christian GERARD : Non, Coppola, c'est Dracula.
C.P. : Mais j'ai vu le film avec Brad Pitt et Tom Cruise. Il est génial!
Denis–Christian GERARD : Oui, mais le roman est encore mieux. Donc Anne RICE, dans les années 80. Je crois, a révolutionné le mythe du vampire avec ses romans, car Dracula était un peu dépassé. C'est pour cela qu'aujourd'hui nous avons autant de livres autour des vampires.
Dommage, car aujourd'hui elle est presque dépassée par ce phénomène. Et nous l'avons un peu oubliée… Elle n'est plus de ce monde d’ailleurs.
C.P. : Anne RICE, c'est l'écrivaine ?
Denis–Christian GERARD : Oui, c'est cela. Elle a fait d'ailleurs toute une série de roman sur les vampires : entretien avec un vampire. Après elle a écrit des livres sur des sorcières, sur des momies, la momie de Cléopâtre qui reprenait vie, cela était un peu moins bien, je trouve. Son cycle sur les vampires est vraiment formidable.
Elsa : Par quel livre doit-on commencer ? Je n'ai jamais su par quel bout il fallait le prendre.
Denis–Christian GERARD : Il faut commencer par entretien avec un vampire.
M.V. : Moi je l'ai eu à l'école, lorsqu'il est sorti en film. J'étais en terminale. Après je suis allée voir le film.
Elsa : Tu as vu le film, V. ?
V. C. : Non.
C.P. : Il est vachement bien.
Denis–Christian GERARD : C'est vrai, le film vaut vraiment le détour. Il y a beaucoup de romans et de films autour du vampire aujourd'hui. C'est parce qu’Anne RICE est passée par là. Elle a dépoussiéré le mythe du vampire. Avant nous ne connaissons que Dracula.
Christophe : Enfin, aujourd'hui, nous sommes quand même passés de Dracula à Twilight.
Denis–Christian GERARD : J'avoue ne pas être fan, Twilight, c'est aussi basé sur une série de roman sur des adolescents vampires mais cela s'adresse vraiment à un public adolescent.
À travers votre personnage de Felymée, vous revisitez le mythe du vampire ?
Elsa : Mais du coup, à travers votre personnage de Felymée, vous revisitez le mythe du vampire ?
Denis–Christian GERARD : Oui, il y a un peu de ça, car vous avez bien compris, ce personnage est immortel. Elle peut traverser les siècles et on va la retrouver dans chacun des bouquins. Y a ce petit côté que j'ai bien aimé développer : le fait qu'elle ne puisse pas s'attacher aux gens
puisqu'elle sait qu'elle va les voir vieillir puis mourir. Du coup, elle va devoir décider de les quitter ou de les voir mourir. Ce petit côté immortel, rappelle le côté vampire sans le besoin, bien sûr, de se nourrir de sang.
C.P. : Heureusement.
Plus je lisais vos romans, plus, je me disais qu'il y avait matière pour une adaptation en série ou télévisée
Christophe : J'avais une question. Que pensez-vous des adaptations en héroïque-fantaisie depuis les années 80 à nos jours car plus je lisais vos romans, plus, je me disais qu'il y avait matière pour une adaptation en série ou télévisée
Denis–Christian GERARD : C'est vrai, on me l'a souvent dit, j'aimerais beaucoup. J'adorerais ! Mais le souci, car j'ai eu l'opportunité de discuter sur des salons avec des auteurs qui avaient eu l'opportunité de vendre leurs droits pour la télévision ou des séries. Le problème, c'est qu'ils ne savent pas réellement ce que ça va devenir. C'est-à-dire que les producteurs achètent, mais se réservent les droits. Ce n'est pas pour produire tout de suite, mais pour les garder au chaud. Principe : je le garde au chaud avant que quelqu'un d'autre, ne l'achète avant moi.
Elsa : Et donc les producteurs ne demandent pas forcément à l'auteur de participer au scénario ?
Denis–Christian GERARD : Oui, c'est ça, l'auteur donne son bébé contre rétribution, sans savoir quand celui-ci sera produit.
C.P. : Ni même si ce sera produit un jour.
Denis–Christian GERARD : Oui, voilà, c'est cela, et même si quelque chose est produit un jour, l'auteur n'aura pas le droit de s'immiscer dans le scénario.
Une adaptation en bandes dessinées ?
Denis–Christian GERARD : J'aimerais beaucoup, mais je n'ai pas trouvé le dessinateur. Je travaille avec un ami pour les couvertures de mes romans, mais celui-ci ne veut pas se lancer dans la bande dessinée.
Elsa : C'est vrai que les couvertures sont belles, surtout avec les dégradés de couleur.
Denis–Christian GERARD : Pour la couleur, ce n'est pas lui, nous faisons appel à un autre compère. Il s'appelle Jimmy ROGON. Bien entendu, lorsque mon premier roman est sorti, j'ai demandé à mon ami dessinateur, David BULLE de dessiner la couverture. C'est d'ailleurs toujours un plaisir de travailler avec lui. C'est marrant, son premier projet de couverture était une véritable affiche de cinéma, on voyait tous les visages. Mais le problème c'est que mon éditeur me pressait par rapport à la date de sortie et que ce projet aurait pris beaucoup de temps. Donc je lui ai demandé de partir sur une autre idée. J’aime bien l'idée de créer uniquement la silhouette des personnages, nous avons gardé cette idée au fil des différents romans. Ce qui lui permet de créer la couverture dans les temps demandés par mon éditeur, mais permet aussi aux lecteurs, de s'imaginer les personnages. Car je sais par expérience que l’auteur aura beau décrire son personnage de la meilleure des façons, le lecteur dans son imagination va toujours rajouter un ou deux petits détails.
Christophe : Les couvertures permettent d'avoir une identité aussi.
Denis–Christian GERARD : C'est cela. Il n'y a que pour mon roman, roman jeunesse que j'ai travaillé avec un autre illustrateur. Pour le roman jeunesse, il y a aussi des illustrations à l'intérieur du roman.
C.P. : Oui, c'est le petit chat momie ?
Denis–Christian GERARD : Oui, c'est la momie du petit chat.
C.P. : Ça, c'est intéressant.
Denis–Christian GERARD : Le titre du roman jeunesse, c'est : la momie AMMON-KIWU.… D'ailleurs, j'ai appelé mon chat comme ça.
Avez-vous d'autres questions, Mesdames ?
C.P. : Tu vis de ça ? Je te tutoie, ça ne te dérange pas ?
Denis–Christian GERARD : Non, pas du tout, tu peux me tutoyer. Non, je ne vis pas de ça. Vous allez vite comprendre pourquoi. Car en fait lorsqu'un roman est vendu, celui-ci par exemple, vendu à 21,50 €, l'auteur ne touche qu'un pourcentage.… En fait, dans son contrat, l'auteur a des
droits d'auteur qui sont dérisoires. Pour ma part, j'ai de la chance, j'ai 10 % du prix de vente.
C.P. : Donc environ deux euros et des brouettes…
Denis–Christian GERARD : Oui, c'est ça, donc, à chaque fois qu'un roman se vend, je touche environ 2,10 €… Donc imaginez pour pouvoir me dégager un salaire par exemple de 2000 €, il faudrait que j'en vende 1000 par mois. Donc, j'ai 10% sur les chroniques de Rougeterre, mais sur
mon roman jeunesse, par exemple, je partage le pourcentage avec l'illustrateur. Je suis donc par ailleurs fonctionnaire.
C.P. : Mais ils abusent, il va où le reste ? Si ce n'est pas indiscret ?
Denis–Christian GERARD : Non. D'abord il y a tout le circuit de distribution, l'éditeur, bien sûr et le libraire. Je crois que les deux plus grosses parts sont pour l'éditeur et le libraire. Il me semble que le libraire prend 30 à 35 % du prix.
Elsa : Et pourtant il n’y a jamais de soldes sur les Livres !
Christophe : Eh bien non, car il y a le fameux prix unique du Livre, merci Jacques LANG, après tu me diras ce qui est bien, c'est qu'il n'y a pas d'inflation non plus sur le prix du Livre.
M. V : Mais vous travaillez à côté ?
Denis–Christian GERARD : Oui, j'ai un boulot alimentaire que j'aime bien. Par ailleurs, je suis fonctionnaire.
Quels ouvrages vous conseilleriez, pour quelqu'un qui ne lit plus beaucoup ou qui n'a plus l'habitude de lire, ou encore qui ne lit plus du tout ?
Question collective : Quels ouvrages vous conseilleriez, pour quelqu'un qui ne lit plus beaucoup ou qui n'a plus l'habitude de lire, ou encore qui ne lit plus du tout ?
Denis–Christian GERARD : Celui-là, la dernière garde, pourquoi ? Parce que j'ai rencontré dans un salon, un jeune homme, un monsieur, qui est rentré dans un salon, par hasard, et qui m'a dit : « voilà, je ne lis plus du tout, mais j'ai envie de m'y remettre, quel livre me conseillerez-vous ? Je lui ai proposé le premier tome de la dernière garde.… Je l'ai revu un an plus tard, il n'arrête plus de lire. » Denis–Christian GERARD, nous a montré les dessins de David Bulle
concernant ces personnages.
Elsa : À part les chroniques, avez-vous d'autres projets d'écriture, fantaisie ou pas fantaisie ?
Denis–Christian GERARD : Oui, il y a un autre projet d'écriture, toujours dans la fantaisie, car pour moi il faut qu'il y ait une part de fantastique, sinon cela ne m'amuse pas. Je suis en train de le terminer là. D'ailleurs, quand je vais vous laisser, il va falloir que je m'y remette. C'est en fait un roman qui se déroule à l'époque arthurienne…
Elsa : Mais plus sur Morgane ou plus sur Arthur ?
Denis–Christian GERARD : Alors pas vraiment centré sur Arthur, car je passe dans une région reculée de l'Écosse. Il s'agit de deux jumeaux, un frère et une sœur. À leur naissance, Merlin, va se pencher sur le berceau des bébés et promettre à l'un d'entre un destin exceptionnel. Bien sûr, tout le monde croit qu'il s'agit du garçon qui sera élevé en conséquence, mais en réalité, il s'agit de sa sœur. Le garçon est un couard, aussi lorsqu'il est appelé pour se battre contre l'envahisseur, pour éviter de jeter le déshonneur sur sa famille, sa sœur se déguise et prend sa place.
Christophe : Comment, quand on est un écrivain de fantaisie, on décide d'avoir pour héros, une héroïne ? Car c'est quelque chose de moderne. Que certains écrivains ne pratiquent pas encore. Comment décide-t-on d'inverser les rôles et les tendances entre guillemets ?
Denis–Christian GERARD : Je me rends compte, qu'au fil du temps, je me focalise souvent sur des personnages féminins. Pourquoi ? C'est une bonne question. Franchement, je n'en sais rien, mais le héros masculin parfait, ça déjà été fait tellement souvent, il est bon d'aller voir de l'autre
côté.
C.P. : C'est peut-être aussi la société. Maintenant. Ça ne se fait plus uniquement des héros masculins.
Denis–Christian GERARD : Oui, il existe tellement d'héroïne fortes et complexes
Christophe : Est-il possible d'avoir des illustrations ?
Denis–Christian GERARD : Malheureusement, je n'ai pas de copie des illustrations, mais je vous ai ramené des petits flyers si vous en voulez.
M. V : Moi j'en veux bien.
C.P. : Moi aussi.
Est-il possible d'acheter un livre ?
C.P. : Est-il possible d'acheter un livre ?
Denis–Christian, GERARD : Bien sûr, si vous le souhaitez.
C. P : Ça va peut-être me redonner l'envie de lire. C'est la première fois de ma vie que j'achète un livre à un auteur. Du coup, je t'ai vu lire, nous avons fait la petite discussion entre nous, ça donne plus envie, quoi.
Clôture de la rencontre par un achat de livres, des dédicaces et encore une demi-heure de discussion informelle autour de la littérature, des jeux de rôle, et des livres dont vous êtes le héros par exemple.
Merci Denis pour ce bel après-midi.
Interview du 6 mars 2026 avec le défenseur des droits
Saviez-vous, chers lecteurs, qu'il existait une personne mandaté par l'État pour défendre gratuitement vos droits en cas de conflit avec les administrations françaises ? Leurs représentants sont sur tout le territoire national. Pour cela, vous pouvez vous diriger vers le défenseur des droits, en allant au bureau de la délégation de votre ville.
J'ai eu la chance de pouvoir interviewer l'un de ses représentants sur notre département 54, au sein des locaux de notre association mi’zen de NCIe. J'espère que cela vous permettra de faire appel à lui ou à un de ses collègues, en cas de besoin.
Bonjour monsieur IOCHUM,
Elsa : Bonjour, monsieur IOCHUM, et merci d'avoir bien voulu nous rencontrer dans les locaux de l’association mi’zen de NCIe. Notre association a pour but de nouer des partenariat de territoire, favoriser l'accompagnement individuel, développer des projets, artistiques et culturels, renforcer des projets de formation, et surtout être un lieu innovant, ou chacun peut tester ses projets, créatifs, culturels ou autre, dans un lieu bienveillant et sécurisant. Pour ma part, je suis co fondatrice, de l'association et rédactrice, indépendante. Du coup, pouvez-vous vous présenter en quelques mots s'il vous plaît, pour mes lecteurs et nos adhérents ?
monsieur IOCHUM : Oui, je m'appelle Jean-Marie IOCHUM, j'ai 80 ans. J'ai fait ma carrière dans la police nationale, j'ai été commissaire de police et directeur d'école de police pendant 40 ans… en 2004, j'ai pris ma retraite. Puis, en 2007, je me suis engagé au sein de la HALD , la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations, en 2011. La HALD a été absorbée par le défenseur des droits, le Défenseur Des Droits est une institution, un service d’État
Elsa : donc, si je reprends ce que vous dites, le Défenseur Des Droits est un service d'État qui a été créé en 2011.
monsieur IOCHUM : Oui, c'est cela. En région parisienne, il fonctionne avec le Défenseur Des Droits et des salariés, qui sont des juristes sur le reste du territoire français. Ce sont des bénévoles qui assurent ses missions, bénévoles dont je fais partie.
Le poste est bénévole, mais comment avez-vous été recruté à ce poste ?
Elsa : Le poste est bénévole, mais comment avez-vous été recruté à ce poste ?
Monsieur IOCHUM: À la retraite, j'ai candidaté au poste, j'ai été convoqué à Paris pour une discussion et un entretien de recrutement, on m'a posé des questions sur ma carrière, mes compétences et mon expérience. J'ai été retenu, nous sommes délégués du Défenseur Des Droits pour un an, à la fin de chaque année, nous confirmons la poursuite de notre mission . Pour ma part cela fait 20 ans.
Le Défenseur Des Droits ou ses représentants sur le territoire français, ont cinq compétences
monsieur IOCHUM : Le Défenseur Des Droits ou ses représentants sur le territoire français, ont cinq compétences.
Voici leurs cinq compétences :
1. Chaque particulier peut s'il rencontre un problème avec une administration, demander aux Défenseur Des Droits de se saisir du problème, il jouera alors son rôle de médiateur. Nous sommes très souvent sollicités pour cela, voici quelques exemples d'administration pour lesquelles nous sommes sollicité : la CAF , les caisses de retraite, la préfecture pour les étrangers…
2. La lutte contre les discriminations, en effet, normalement tout citoyen doit être traité de la même manière, mais ce n'est pas toujours le cas. Attention: La discrimination est un délit pénal. D'après la loi française, il existe 26 critères de discrimination. Quelques exemples : le handicap, la grossesse, les convictions religieuses, etc. Vous pouvez retrouver ses critères sur le site : https://recrutement.agriculture.gouv.fr/wp-content/uploads/2025/02/3.-Les-26-criteres-de-discrimnation.pdf
3. Les droits des enfants, au sens large, sont définis par la convention des droits de l'enfant. Le défenseur des droits vient en complément des institutions juridiques pour faire des propositions après avoir entendu les souhaits de l'enfant ou de sa famille.
4. Lorsque le citoyen a des problèmes avec les personnes détentrices de l’autorité, du fait de leur fonctions , le Défenseur Des Droits peut intervenir. En cas d'éventuels dérives du personnel, ayant autorité, le Défenseur Des Droits intervient… Si les personnes ayant autorité de par leur fonction commettent une faute déontologique .
5. La protection des lanceurs d'alertes, le Défenseur Des Droits a une mission de protection des lanceurs d'alertes, ce sont des personnes qui dénoncent un dysfonctionnement au sein d'une association, d’une entreprise d'un organisme quel qu'il soit, ou parfois même de l'État. Le Défenseur Des Droits prendra en compte l'alerte de manière anonyme, il ira porter plainte en lieu et place du lanceur d’alerte.
Vous êtes quatre représentants du Défenseur Des Droits à intervenir sur le territoire de Meurthe-et-Moselle ?
Elsa : Donc si j'ai bien retenu, vous êtes quatre représentants du Défenseur Des Droits à intervenir sur le territoire de Meurthe-et-Moselle ?
Monsieur IOCHUM: Non, nous sommes quatre à intervenir sur Nancy, en Meurthe-et-Moselle, nous sommes huit délégués du Défenseur Des Droits.
Elsa : Pourquoi quatre permanences des représentants du Défenseur Des Droits sur Nancy ?
Monsieur IOCHUM: Car, la métropole du Grand Nancy a une forte concentration par habitant, mais aussi pour des questions de proximité. Bien sûr, nous avons d’autres permanence à Pont-à-Mousson, Lunéville, Laxou, Jarville, et sur le pays haut. Tous les délégués du Défenseur Des Droits du département de Meurthe-et-Moselle sont compétents pour le département 54. Par contre, un habitant de Meurthe-et-Moselle ne peut pas rencontrer un délégué du Défenseur Des Droits des Vosges, pour lui exposer une réclamation, car ce n'est pas le même département… Chaque délégué du Défenseur Des Droits va intervenir sur l'ensemble de son département.
Elsa : Donc, si je reprends la zone d'intervention d'un délégué/d'un représentant du Défenseur Des Droits, c'est son département.
Monsieur IOCHUM: Oui, cependant, dans certains cas bien précis, il peut avoir quelques exceptions. Par exemple, une habitante de Nancy est venue me rencontrer, car lors d'une balade dans les Vosges en passant sur un nid de poule d'une commune, elle avait abîmé sa voiture et les réparations étaient coûteuses. J'ai donc transmis par mail sa réclamation à mon collègue des Vosges, pour qu'il voit directement avec le maire de la commune concernée, car je ne suis pas compétent pour traiter avec une commune des Vosges.
Les prérogatives ainsi que les compétences du Défenseur Des Droits représentent beaucoup de travail.
monsieur IOCHUM : Les prérogatives ainsi que les compétences du Défenseur Des Droits représentent beaucoup de travail. À titre indicatif sur l'année 2025, le Défenseur Des Droits a dû prendre au moins 200 000 réclamations, en Meurthe-et-Moselle. Sur Nancy, nous sommes quatre représentants du défenseur des droits. Nous prenons une réclamation lorsque celle-ci rentre dans une des compétences énumérer plus haut.
Quelles sont vos missions préférées en tant que déléguée du Défenseur Des Droits ?
Elsa : Quelles sont vos missions préférées en tant que déléguée du Défenseur Des Droits ?
Monsieur IOCHUM: Je n'ai pas de mission préférée. Il y a des petits dossiers et des gros dossiers, des dossiers pour lesquels vous allez passer quelques heures et d'autres quelques jour. Pour moi, les dossiers sont tous importants.
Comment faites-vous pour savoir si une réclamation est véridique ou non ?
Elsa : Comment faites-vous pour savoir si une réclamation est véridique ou non ?
Monsieur IOCHUM: La plupart du temps cela est facile à vérifier et les personnes sont de bonne foi, mais parfois c’est paroles contre paroles. Ce qui est facile car en tant que représentant du Défenseur Des Droits, les administrations sont tenues de me fournir la réponse avec des explications. Or, la plupart du temps, quand la personne bénéficie de l'explication, elle comprend son erreur. Parfois, cependant, nous sommes dans l'impasse, car nous ne savons pas tout. Dans ces cas-là, sur le territoire, nous sommes quatre représentants du Défenseur Des Droits avec des vies professionnelles différentes. Donc, lorsque je n'ai pas la réponse, je vais d'abord la chercher auprès de mes collègues, représentants du défenseurs des droits, comme moi sur le territoire de Meurthe-et-Moselle. Mais lorsque le dossier est très complexe, surtout au niveau juridique, nous faisons appel aux juristes parisiens du défenseur des droits, qui eux, décortique la question ou le problème d'un point de vue juridique, puis nous fournissent la réponse juridique.
J'ai oublié de vous dire que le Défenseur Des Droits a été créé par une loi en 2011 obligeant ainsi tous nos interlocuteurs à nous donner des réponses
Monsieur IOCHUM: J'ai oublié de vous dire que le Défenseur Des Droits a été créé par une loi en 2011, obligeant ainsi tous nos interlocuteurs, quel qu'ils soient : administration, ou autre, en tant que représentant du Défenseur Des Droits à nous donner des réponses. S’ils ne le font pas, ils peuvent être sanctionnés. En cas de non réponse, ils sont poursuivis pour obstruction à l’enquête.
Elsa : Donc, comme les institutions ont l'obligation de vous répondre, vous avez plus de force qu'un simple particulier ou même qu'une assistante sociale.
Si la réclamation/la demande de la personne ne correspond pas à une compétence du Défenseur Des Droits, vous l’orientez vers la bonne personne ressource ?
Elsa : Donc si je reprends si la réclamation/la demande de la personne ne correspond pas à une compétence du Défenseur Des Droits, vous l’orientez vers la bonne personne ressource ?
Monsieur IOCHUM: oui, c'est cela, mais ils ne sont pas nombreux. Cela dépend notamment de leurs fonctions:
• le greffier de la maison de justice et du droit qui lui va donner des conseils juridique à la personne, il n'intervient pas, sa mission se limite à du conseil.
• Le conciliateur de justice, quant à lui, peut intervenir sur les problèmes juridiques entre particuliers.
Mais parfois, un délégué du Défenseur Des Droits peut être confronté à certaines limites… Par exemple, des transports en commun ou des transports adaptés qui ne peuvent pas prendre une personne en charge du fait de son handicap, trachéotomie, ou encore de sa zone géographique de travail, hors de la communauté de communes, pour des questions d'assurance. Chaque problématique rencontrée mérite étude.
Si une personne ne sait pas concrètement, définir ses besoins de manière claire et précise ? Comment fait-on ?
Elsa : Nous avons voulu aussi fonder cette association, car parfois une personne ne sait pas concrètement, définir ses besoins de manière claire et précise. Est-ce que dans ces cas-là, on vous l' envoie directement, ou bien définissons-nous d'abord ses besoins avec elle ?
Monsieur IOCHUM: les deux cas de figure sont possibles.
Quels sont les éléments facilitateurs pour votre mission ?
Elsa : Quels sont les éléments facilitateurs pour votre mission ?
Monsieur IOCHUM: Ce qui facilite un peu les choses, c'est le fait que chaque administration ou organisme, a dédié un interlocuteur unique pour le représentant du Défenseur Des Droits sur le département. Partout où il y a un interlocuteur dédié, c'est plus facile, car on sait à qui s'adresser.
Elsa : y a-t-il des obligations légales pour les organismes médicaux sociaux ou les services d'aide à domicile de fournir vos coordonnées à leurs bénéficiaires ?
Monsieur IOCHUM: À ma connaissance, il n'y a pas d'obligation légale à proprement parler, le prestataire de service à domicile ou bien l'établissement médico-social peut mettre les coordonnées du défenseur des droits dans le livret d'accueil, mais ce n'est pas une obligation légale. Par contre, si un de ses bénéficiaires en fait la demande, il est tenu de lui fournir les coordonnées du Défenseur Des Droits ou du médiateur de la république, afin que le bénéficiaire puisse se défendre en cas de besoin.
Elsa : Avez-vous des avocats en tant que délégué des Défenseur Des Droits ?
Monsieur IOCHUM: Non, mais nous pouvons avoir des passerelles avec des avocats.
Elsa : merci pour toutes ces informations, explications et le temps que vous nous avez consacré.
À retenir et où aller :
C'est toujours gratuit ! Il intervient sur l'ensemble de son département, en l'occurrence, le 54.
Il agit :
• Comme Médiateur entre le particulier et les administrations qu'elles soient,
• Contre les discriminations,
• Pour les droits des enfants,
• Comme protecteur des citoyens, en cas de dérive des personnes détentrices de l'autorité de par leur fonction,
• Et enfin, comme protecteur des lanceurs d'alerte.
Les permanences des délégués des Défenseur Des Droits à Nancy :
- NANCY Plateau : Jean-Marie IOCHUM
• La maison de la Justice et du Droit de Nancy, 9, rue Jean Mihé à NANCY (Plateau de Haye).
• TEL pour rendez vous : 03 83 97 03 11
• Adresse mail : jean-marie.iochum@defenseurdesdroits.fr
• Permanences : lundi journée sur rendez-vous
- NANCY Préfecture : Viviane CHEVALIER
• Préfecture 1 rue Préfet Claude Erignac CO 60031 54038 Nancy
• Téléphone : 03 83 34 27 99
• Adresse mail : viviane.chevalier@defenseurdesdroits.fr
• Permanences : mardi matin et jeudi matin sur rendez-vous
- NANCY Tribunal Judiciaire : Danielle WEISS
• Rue du Général Fabvier 54000 Nancy
• Téléphone : 06 99 10 51 52
• danielle.weiss@defenseurdesdroits.fr
• Permanences :1er et 3e jeudi après-midi de chaque mois sans rendez-vous de 13 heures à 16 heures
- NANCY Centre Social Jolibois: Guy DIDIER
• 4 avenue du Général Mangin 54000 Nancy
• Téléphone : 03 83 28 45 45
• Adresse mail : guy.didier@defenseurdesdroits.fr
• Permanences : lundi matin
Les annotations
1. HALD : Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations
2. Ou ses représentants sur le territoire,
3. CAF : caisse d'allocations familiales.
4. Exemples de personnes ayant autorité du fait de leur fonction : les policiers, les gendarmes, les surveillants de prison…
5. CNRTL, Définition de « déontologie » : « Ensemble des règles morales qui régissent l’exercice d’une profession ou les rapports sociaux de ses membres.
Ainsi, la déontologie correspond à l’ensemble des principes, devoirs et règles de conduite qui régissent l’exercice d’une profession ou d’une fonction. Elle s’applique particulièrement aux métiers impliquant des responsabilités importantes envers les personnes, la sécurité, la santé ou l’intérêt général, comme les policiers, les personnels de l’administration pénitentiaire, les médecins ou les infirmiers. Ces professionnels doivent respecter des obligations spécifiques liées à leurs missions, telles que la probité, le respect de la dignité des personnes, la confidentialité, l’impartialité ou le secret professionnel.
Interview du 23 mars 2026 avec Monique Braconnot, présidente d'IncluVie
Chers amis lecteurs, aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous présenter l'association IncluVie et ses projets d'habitat inclusif. J'ai eu la chance d'interviewer, sa présidente, Monique Braconnot, dans nos locaux de notre association mi’zen de NCIe. Je me permets de te tutoyer Monique, car nous nous connaissons bien.
Bonjour Monique, peux-tu te présenter en quelques mots et présenter d'où vient ton envie de créer dans notre département un habitat inclusif?
Elsa : Bonjour Monique, tout d’abord, merci d’avoir accepté notre invitation afin que nous puissions échanger sur l’association IncluVie et ses projets. Tout d’abord, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Monique : Alors, tu veux que je me présente ? Je m’appelle Monique Braconnot. Je suis maman d’une jeune femme handicapée, porteuse de trisomie 21, qui s’appelle Edwige et que vous connaissez très bien. Alors, Edwige, elle est en appartement autonome depuis 2007, mais au départ, c’était dans le Puy-de-Dôme.
Elsa : Là où vous habitiez avant ?
Monique : Oui, nous avons dû y vivre pendant 15 ans. C’est à cette époque-là, au début des années 2000, que j’ai participé à la construction d’un SAVS¹, avec l’association Trisomie 21. Bien sûr, adapté pour les personnes souffrant de handicap mental. C’est un peu le même principe que l’habitat inclusif aujourd’hui. C’est-à-dire que nous avions à proximité tous les services de proximité et, sur quatre résidences, nous avions 12 logements, pour des habitants différents², répartis dans deux résidences au centre, un T5 dans lequel ils se retrouvaient pour faire des activités ensemble ou bien pour bénéficier d’un accompagnement.
Elsa : Donc, si je reprends, ils avaient chacun leur appartement, avec un endroit commun pour faire des activités ensemble.
Monique : Oui, et chacun des 12 habitants pouvait aller dans son appartement ou dans le lieu de vie commun, quand il le souhaitait. Nous travaillions alors avec des éducateurs, des AMP³, mais aussi un grand nombre de bénévoles, pour que les 12 habitants puissent monter des projets ensemble et réaliser des activités. Chacun d’entre eux bénéficiait d’une heure d’accompagnement individuel par semaine. Edwige aimait la dynamique de vie qu’il y avait autour d’elle. Les 12 habitants menaient plein de projets et d’activités ensemble. Ils pouvaient se retrouver dans la partie commune pour des soirées.
C’est cela qui manque à Edwige aujourd’hui.
Alors, en journée, elle est accompagnée par un service d’auxiliaires de vie pour des accompagnements à la vie sociale et aux loisirs, grâce à la PCH⁴, pour la cuisine, pour faire les menus, également pour tout ce qui est sorties, cinéma, etc. Alors, la journée, ça va bien. Mais les soirées, il lui manque toute la dynamique qu’elle a connue.
Depuis deux ans, elle m’exprime ce manque de manière forte. Je dirais que c’est elle qui m’a poussée à créer le projet/l’association. J’ai été encouragée par la Maison départementale des personnes handicapées. Apparemment, ce type de projet est très demandé.
Elsa : Donc, si je reprends, tu t’es lancée dans une telle aventure de création de l’association, et par la suite d’un habitat inclusif, car Edwige, ta fille, ressentait un manque.
À quelle date l’association a-t-elle été créée, quel est le but et l’objet de l’association ?
Elsa : À quelle date l’association a-t-elle été créée ?
Monique : L’association a été créée le 30 décembre 2025. Actuellement, nous avons cinq familles intéressées par le projet. Nous pouvons aller jusqu’à 10 personnes.
Elsa : Sinon, ce ne serait plus considéré comme un habitat inclusif, c’est bien ça ?
Monique : Oui, je crois. Ce plafond est fixé par la Caisse nationale pour l’autonomie. C’est d’ailleurs la Caisse nationale pour l’autonomie qui finance les encadrants. Ce futur habitat inclusif que nous souhaitons sera avant tout, d’abord, pour des personnes avec un handicap mental, ayant une bonne ou une moyenne autonomie, capables de faire des choix pour leurs projets de vie. Nous les accompagnerons dans leurs choix. C’est un projet sur le long terme. En fonction des envies des futurs habitants, nous aurons des partenariats locaux, par exemple pour le sport adapté, le théâtre ou d’autres pratiques artistiques.
Elsa : Pour ce qui est du théâtre et de la pratique artistique, des partenariats seraient peut-être possibles avec les associations mi’zen de NCIe ou bien Les Réverbères, à réfléchir…
Monique : Oui, pourquoi pas, ou pourquoi pas participer à de petites manifestations, comme par exemple à une brocante ou à l’organisation d’un loto… En fonction des envies des habitants et des membres de l’association. Tout sera fait pour inclure la personne dans la cité. Pour mettre face à face la personne « ordinaire » et la personne « en situation de handicap mental ».
Elsa : Montrer que tout le monde est capable… Donc, quel est le but et l’objet de l’association ?
Monique : Donc, l’objet social de l’association, son but : créer un habitat inclusif, puis accompagner des personnes en situation de handicap mental, de bonne et moyenne autonomie, dans leurs projets de vie sociale, professionnelle… Sur des projets individuels ou collectifs.
Elsa : Comment a été choisi le nom de l’association : IncluVie ?
Monique : Le nom de l’association a été choisi par les membres du bureau, à partir d’un brainstorming sur le thème de l’inclusion, ce qui a donné : IncluVie.
Elsa : Comment est composé le bureau associatif ?
Monique : Le bureau est composé d’une présidente, moi : Monique Braconnot, d’une vice-présidente : Claire Brunaud, d’une trésorière, d’une secrétaire et d’une secrétaire adjointe.
Avant de te lancer dans ce projet d’habitat inclusif et d’association, avais-tu recensé les besoins ?
Elsa : Avant de te lancer dans ce projet d’habitat inclusif et d’association, avais-tu recensé les besoins ?
Monique : Oui, car j’avais rencontré la directrice de l’autonomie de la MDPH et son directeur adjoint, qui, lui, est spécialisé dans l’habitat inclusif. J’ai aussi demandé le cahier des charges d’un habitat inclusif… Du coup, je savais à quoi m’attendre.
Qui inclues-tu dans ton projet ?
Elsa : Et du coup, le plus gros besoin en termes d’habitat inclusif sur Nancy, quel est-il ?
Monique : Ce qu’il faut dans un habitat inclusif, c’est que les habitants aient tous les services de proximité à côté de chez eux, comme par exemple le médecin, la pharmacie ou encore les commerces. L’habitat, en lui-même, ne sera peut-être pas forcément sur Nancy, mais sur sa métropole, en tout cas. Nous ne sommes qu’au début du projet, mais je n’ai aucun doute sur le fait que nous arriverons à avoir une dizaine d’habitants. Après, il faudra démarcher les différents partenaires et bailleurs.
Elsa : D’ailleurs, as-tu déjà des partenariats potentiels avec les bailleurs ?
Monique : Non, pas encore. J’attends déjà d’avoir échangé avec les familles, et si tout le monde est OK, ce sera la première démarche à envisager : prendre contact avec un bailleur.
Elsa : Donc, tu n’inclus pas uniquement les futurs habitants ?
Monique : Non, j’inclus les familles, pour savoir si elles sont d’accord sur le projet pour leurs enfants, mais aussi les tuteurs éventuels et les futurs habitants, selon leurs capacités. Dans un second temps, il y aura une réunion avec les futurs habitants de cet habitat inclusif, afin de s’assurer que c’est bien ce qu’ils désirent, ce qu’ils veulent ou pas, ce qu’ils aiment ou non.
As-tu des besoins spécifiques en termes de partenaires ?
Elsa : As-tu des besoins spécifiques en termes de partenaires ?
Monique : Nous verrons bien. Il faudra voir en fonction des besoins et des envies des futurs habitants.
Elsa : Combien de futurs habitants faudrait-il encore pour commencer concrètement le projet ?
Monique : Environ deux à trois personnes encore. Nous pourrons commencer le projet lorsque nous aurons au moins sept habitants.
Elsa : As-tu déjà des partenaires ?
Monique : Le Conseil départemental me soutient beaucoup. Sinon, je n’ai pas beaucoup de partenaires.
Elsa : Mais tu es déjà allée voir la MDPH et elle te soutient aussi. Donc, si je reprends au niveau des partenaires institutionnels, tu es soutenue par le Conseil départemental, la MDPH et aussi par la mairie de Vandœuvre. Au niveau associatif, tu es soutenue par l’association Les Réverbères et l’association mi’zen de NCIe. Cela fait déjà cinq partenaires. Actuellement, de quoi l’association a-t-elle besoin ?
Monique : De tout. Actuellement, l’association a besoin de se faire connaître. Par la suite, nous aurons besoin d’un local et de matériel de bureau, mais pas pour le moment. J’ai oublié de te dire que l’habitat inclusif IncluVie n’est pas un service, c’est un dispositif. C’est-à-dire que chaque habitant paiera⁸ son loyer et qu’il n’aura pas besoin d’autorisation de la MDPH pour intégrer l’habitat inclusif ou l’association. De même, il pourra partir quand il le souhaitera. Pour le logement qui servira de parties communes, nous diviserons le loyer par le nombre d’habitants au sein d’IncluVie. Il y aura sûrement une charte entre IncluVie et les habitants accompagnés. Nous aurons des financements de la Caisse pour l’autonomie en fonction du projet mis en place et du nombre de personnes.
En ce moment, nous pouvons t’aider en faisant connaître l’association. Comment contacter l’association ?
Elsa : Si je reprends, en ce moment, nous pouvons t’aider en faisant connaître l’association. Comment contacter l’association ?
Monique : Par courriel à l’adresse suivante : incluvie54@gmail.com, ou par SMS au numéro suivant : 06 63 37 96.
Merci Monique, vois-tu quelque chose à rajouter ?
Elsa : Merci Monique, vois-tu quelque chose à rajouter ?
Monique : Non.
Elsa : Dans ce cas, nous avons terminé. Merci pour le temps que tu m’as consacré.
Annotations :
1. SAVS : service d'accompagnement à la vie sociale.
2. des habitants en situation de handicap mental.
3. AMP : Aides Médicaux et Psychologiques.
4. PCH : plan de compensation du handicap.
5. Maison Départementale du Handicap.
Interview du 22 juin 2026 avec Monsieur THIRION, fondateur et ancien président de l'association : TOUCHER, VOIR & JOUER
Salut chers amis lecteurs, c'est elsa, aujourd'hui, je reçois dans les locaux de notre belle association, mi’zen de NESAN ET COMPAGNIE, située aux 232, avenue du Général, Leclerc à Nancy, monsieur THIRION, fondateur et ancien président de l'association : TOUCHER, VOIR & JOUER.
Bonjour monsieur THIRION. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et d'où est venue votre idée de créer cette association ?
Elsa : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Monsieur THIRION : Je suis un ancien professeur d’université. À ma retraite, j’ai cherché à développer des jeux, en particulier le sudoku, et j’ai voulu « l’appliquer à des non-voyants ». Et c’est comme ça que ça a démarré.
Elsa : Depuis combien de temps l’association TOUCHER, VOIR & JOUER existe-t-elle ?
Monsieur THIRION : Elle a été créée en 2011. Nous possédons un matériel spécifique pour la mise en relief. Nous pouvons mettre en relief des tableaux, leurs images ou leurs copies. Peu de personnes savent le faire. Attention, pour mettre un tableau en relief, il faut l’autorisation du musée.
Elsa : Pour quelles raisons avez-vous souhaité créer des jeux adaptés pour les personnes aveugles ou malvoyantes ? Avez-vous dans votre entourage des personnes en situation de handicap visuel ?
Monsieur THIRION : Non. Alors, pourquoi ? Comme je suis en retraite, j’ai continué un peu de recherche à l’université, mais j’ai cherché l’algorithme pour créer des sudokus. Donc, j’ai trouvé la manière de faire des sudokus (grilles), ce sont les miens… À ce moment-là, je me suis dit : tiens, ça ne doit pas être facile de jouer les yeux fermés. J’ai donc contacté un ami, Yves MICHEL, qui dirigeait à l’époque l’association « pour aveugles » AVH1.
Elsa : Donc, vous avez créé des sudokus en braille ?
Monsieur THIRION : Oui, en braille, mais pas seulement, car uniquement 10% des personnes aveugles ou bien malvoyantes sont capables de le lire. Du coup, nous avons commencé par développer des grilles de sudoku pour tous, c’est-à-dire avec à la fois des chiffres en gros caractères, en relief et en braille. Nous avons trouvé un système qui permet, avec trois cellules braille, de générer toutes les lettres de l’alphabet. Nous l’avons appliqué à la réalisation d’un ensemble permettant aux non-voyants de jouer aux mots croisés. Nous avons développé un jeu de Scrabble adapté pour que les non- et malvoyants puissent jouer avec des voyants. Pour cela, nous avons généré des lettres en relief. Nous pouvons également réaliser et adapter des jeux de dés et de cartes en relief. Nous avons créé un cochonnet sonore pour que les déficients visuels puissent jouer à la pétanque avec leurs amis.
Elsa : Combien de joueurs/membres compte votre association ?
Monsieur THIRION : Attention, nous sommes une association de création de jeux, pas une association d’animation de jeux.
Vous travaillez avec les musées de l’agglomération de Nancy ?
Elsa : Et avec ce procédé de mise en relief, vous travaillez avec les musées de l’agglomération de Nancy ?
Monsieur THIRION : Non, mais il en avait été question. Il avait même été question de former des guides à cette technique pour les visites, et puis il y a eu le Covid et tout s’est arrêté. Nous devrions reprendre contact avec les musées de Nancy dans les mois à venir…
Vous animez aussi certains événements ?
Elsa : Vous animez aussi certains événements ?
Monsieur THIRION : Oui, afin de faire connaître l’association et que tout le monde puisse jouer ensemble. Nous organisons, par exemple, un loto et un concours de Scrabble.
Elsa : Oui, Monsieur Daniel Lambert, actuel président de l’association, nous a parlé, lors de la dernière COMMISSION HANDICAP, ACCESSIBILITÉ ET INCLUSION à la Métropole, d’un quiz.
Monsieur THIRION : Oui, il se déroulera dans le courant du mois d’octobre 2026. Pour ces événements, soit les salles nous sont prêtées par la mairie, soit nous les louons. Le but de ces événements est de démontrer que tout le monde peut jouer ensemble.
Voyez-vous quelque chose à rajouter ?
Elsa : Voyez-vous quelque chose à rajouter ?
Monsieur THIRION : Non.
Elsa : Dans ce cas, merci, nous avons terminé. Merci de m’avoir consacré du temps.
Contacts et liens utiles :
Monsieur THIRION, fondateur de l’association : 06 33 37 19 39 ou bien par e-mail : thirion.christian@orange.fr
Monsieur Lambert, président de l’association : 03 72 74 71 17 ou bien par e-mail : d.lambert@univ-lorraine.fr
Le site, pour découvrir les jeux adaptés déjà existants, créés par TOUCHER, VOIR & JOUER :
Un rdv à ne pas manquer
Le quiz du mois d'octobre 2026, voir les précisions sur l'heure, et la date de l'évènement : jeux-pour-aveugles.webnode.fr
Annotation
1-AVH : Association Valentin Hauï

Commentaires